présentation en Français

Le système alimentaire local

Un système alimentaire local est mis en œuvre par une communauté de partenaires locaux dans le but de mieux valoriser l'agriculture et l'alimentation locales pour une consommation durable, respectueuse de l'écologie des milieux et de la santé humaine. 

 

Introduction: Système alimentaire local versus Système alimentaire global

La terminologie « systèmes alimentaires » est fréquemment utilisée dans la recherche et les actions de développement concernant notamment la nutrition, l’alimentation, le développement local endogène,l’agriculture et la gestion des sols.

Le système alimentaire local inclut tout le processus mis en œuvre, dans un territoire déterminé, pour fournir notre alimentation quotidienne de base : cultiver, récolter, transformer (ou nettoyer ou trier), emballer, transporter, distribuer, cuisiner, consommer.

 

Évolution historique de l'économie agricole :

Il y a 50 ans, lorsqu’une famille française dépensait un franc pour son alimentation, la moitié environ retournait aux populations rurales (agriculture et métiers connexes) dans le revenu local.

Depuis lors, cette part s’est continuellement amoindrie au profit des firmes d’approvisionnement en amont de la production : agro-chimie, semences, alimentation animale, équipements et au profit des firmes d’aval : transporteurs, transformateurs, distributeurs, ces firmes étant de plus en plus concentrées.

Or, s’il apparaît bien que les consommateurs aient bénéficié de ce mécanisme puisque le coût réel de l’alimentation a chuté, par contre les agriculteurs, les populations, les économies rurales ,l’emploi local ont en fait beaucoup perdu et risquent de perdre encore si l’on ne relocalise pas les activités alimentaires (production et consommation).


Définition

Un système alimentaire local est un système dans lequel la production, la transformation, la distribution et la consommation alimentaires sont intégrées dans le but d’améliorer le niveau des ressources environnementales, économiques, sociales et nutritionnelles d’un territoire défini comme une communauté d'interêts partagés.Il inclut dans son mouvement les actions d'éducation à l'alimentation, les diagnostics nutritionnels, la médiation territoriale.

Le concept de système alimentaire local dans notre politique d’actions vise à créer un partenariat local,une coopération locale en favorisant et en accroissant les relations existant entre les acteurs.

Cela reflète une approche plutôt prescriptive, à partir d'un diagnostic partagé, pour élaborer un système alimentaire local qui puisse répondre aux principes de durabilité : économiques, environnementaux, et sociaux et aux objectifs à long terme du territoire et ses habitants. Par exemple, la réalisation de projets assemblant localement la vente directe à la ferme, des marchés de producteurs, des AMAP, des points de vente collectifs, les sites organisés de cueillette directe, la restauration publique, tous approvisionnés par les producteurs locaux, constituent un socle suffisant pour mettre en place un système alimentaire local.

Les éléments de base

Quatre éléments permettent de distinguer le système alimentaire local du système alimentaire globalisé qui caractérise aujourd'hui l’origine de la plupart des aliments que nous mangeons : la sécurité alimentaire , la proximité, l’autonomie et la durabilité.

1- La sécurité alimentaire (à ne pas confondre avec la sécurité sanitaire des aliments)

La sécurité alimentaire est un élément-clé du système alimentaire local. Au-delà de la satisfaction des besoins élémentaires en matière de nutrition, la sécurité alimentaire vise à permettre l’accès à l’alimentation diversifiée sur un territoire, spécialement pour les familles à faible revenu, les enfants et les personnes âgées. On voit des enfants qui arrivent à l’école le matin sans avoir mangé, on a vu pendant la canicule des personnes isolées sous-alimentées, on voit une courbe exponentielle de l’obésité et du sur-poids chez les enfants scolarisés, le CROUS nous signale que beaucoup d'étudiants mangent trop mal C’est donc un objectif qui favorise l’émergence d’un système alimentaire local.

2- La proximité

Relative à la distance séparant les différents acteurs du système alimentaire local (producteurs, consommateurs, élus, restauration collective, marchés, institutions sociales et éducatives …).

Dans le système alimentaire local, de telles distances sont nettement plus courtes que dans le système alimentaire global. Cette proximité accroît les chances de coopération et d'échanges durables entre ces acteurs et privilégie la fraîcheur et la qualité des produits récoltés. Elle favorise aussi la santé et l’environnement en diminuant les transports routiers et les kilométres-Alimentaires (1500 km pour un yaourt nature entre la ferme laitière et votre table et 3000 km en moyenne pour un yaourt aux fruits).

 

3- L’autonomie alimentaire

Se rapporte au degré auquel est parvenu un territoire et ses habitants pour couvrir leurs propres besoins alimentaires. Bien que l’objectif ne soit pas d’arriver à une auto-suffisance totale (c’est à dire lorsque un maximum d’alimentation est produite, transformée, distribuée, consommée dans un territoire défini), accroître le degré d’autonomie alimentaire grâce à l’action d’acteurs solidaires locaux est un important fondement pour un système alimentaire local.Cela consolide les revenus de l'économie locale et cela favorise le sentiment d'appartenance et de participation au développement du territoire.On peut estimer qu 'un territoire qui a une bonne synergie pour conserver ses terres agricoles à vocation alimentaire locale et pour se lancer dans une politique d'urbanisation durable peut atteindre 25 à 30 % d'autonomie de son système alimentaire.

4- La durabilité (ou soutenabilité)

signifie l’utilisation de pratiques agricoles et alimentaires qui ne compromettent pas les ressources alimentaires et naturelles des générations futures. Une alimentation durable et diversifiée comprends donc le respect de l’environnement, la biodiversité cultivée, la viabilité économique, l’ équilibre nutritionnel des repas, l’application des lois sociales pour les salariés des entreprises agricoles et alimentaires, et le développement local.

Lorsque existe une agriculture biodiversifiée avec des marchés et des échanges dynamiques, avec une réduction progressive de quantités d’intrants non renouvelables, avec une moindre utilisation de pesticides et de l'agro-chimie, et quand la participation citoyenne est prise en compte dans les décisions sur les politiques de l’agriculture et de l’alimentation, on augmente la durabilité du système alimentaire local dans la perspective du développement durable et de l’agenda 21 local.

Les objectifs du système alimentaire local

 

  • Une amélioration du niveau de santé, une réduction des maladies liées aux problèmes nutritionnels (obésité des enfants, maladies cardio-vasculaires, allergies).

  • Un changement de consommation alimentaire qui va être associé à la disponibilité saisonnière de produits de proximité diversifiés.

  • Un accès plus facile à une nourriture équilibrée et moins chère pour tous les habitants

  • Le maintien (ou dans certains cas l’expansion) d’une agriculture familiale utilisant des méthodes de production respectueuses de l’environnement et de la santé humaine.

  • Des modes de distribution et des unités de transformation qui puissent créer des liens directs entre agriculteurs et consommateurs, en réduisant la distance géographique entre ces partenaires, économiser les ressources nécessaires au transport des produits alimentaires.

  • Des entreprises agricoles et alimentaires qui vont créer une économie locale plus forte à travers la création d’emploi, et la re-circulation du capital financier sur place. De telles entreprises pourraient inclure de la transformation des produits, ou de la transformation à forte valeur ajoutée pour développer des débouchés afin qu’une alimentation produite localement puisse être consommée localement.

  • Une participation citoyenne accrue sur des politiques agricoles et alimentaires visant le développement de la production alimentaire locale, l’accès aux marchés de proximité, et la priorité officielle donnée aux produits agricoles locaux, par la création de conseils locaux de la politique alimentaire et par les comités de l’Agenda 21.

     

Eléments des systèmes alimentaires locaux

Il y a plusieurs éléments bien reconnus pour un système alimentaire local :

  • Les marchés de producteurs donnent l’occasion aux consommateurs de rencontrer et de discuter directement avec les producteurs. En même temps, les agriculteurs peuvent apprendre plus, et sans intermédiaire, sur ce que leurs clients désirent savoir sur leur exploitation et ses productions. En diminuant la quantité de carburant utilisé pour des déplacements plus courts, la proximité des sources de production augmente la durabilité environnementale du système.

  • Les jardins de quartier, les jardins sociaux, les jardins-écoles dont reconnus comme une source importante de fruits et de légumes frais de saison, particulièrement pour des populations défavorisées dans des quartiers à bas revenu, et donc en améliorant la qualité nutritionnelle et la qualité sanitaire. 

 

 

 

  • Les AMAP (CSA-ACS-TEIKEI) constituent un engagement mutuel par lequel un groupe de personnes paie sa consommation à l’avance en début de campagne au moment où l’agriculteur en a le plus besoin. En retour de ce soutien, le producteur leur livre chaque semaine des fruits et des légumes frais, de saison, cueillis au bon stade de maturité et souvent d’autres produits comme les fromages, les fleurs coupées, les œufs, la viande. Dans l’engagement financier, les membres de l’AMAP acceptent une partie des aléas courants de la production agricole. Les agriculteurs en AMAP participent aussi aux marchés locaux, ce qui améliore la profitabilité et la stabilité économique de leur activité.

  • Les activités de cueillette à la ferme pour les fruits et les légumes et la vente à la ferme permettent de s’approvisionner directement en produits frais chez le producteur. Dans le cas de la cueillette à la ferme, le prix payé est substantiellement réduit du fait du travail effectué. Dans ce genre de situation, les consommateurs sont en contact avec l’agriculteur, ont l’expérience d’un autre aspect du système alimentaire, et, du fait du bon goût des produits et de leur prix, augmentent leur place dans une alimentation plus équilibrée. De plus, il est possible de faire des conserves ou de congeler.

  • La transformation à la ferme fournit une logistique et une expertise technique pour lancer de nouvelles activités alimentaires.


Externalités

Le mot « externalités » est un terme économique utilisé pour décrire les coûts ou les bénéfices générés par un agent économique ( par exemple, un agriculteur ou un transporteur) mais qui ne sont pas affectés comptablement à cet agent économique ou à l’utilisateur final. Par exemple, les nuisances de la pollution générée par le transport des produits agricoles et alimentaires ne sont pas payées par les sociétés de transport routier à travers le prix du gazole, ou par le consommateur à travers le prix des aliments.

Les coûts externes sociaux et environnementaux relatifs à la production, la transformation, le stockage et la distribution alimentaires sont rarement pris en compte dans le prix que nous payons à la caisse du rayon alimentation.


Les systèmes alimentaires locaux, en réduisant la distance parcourue entre les agriculteurs, les transformateurs et les consommateurs ont une plus grande chance d’ « internaliser » n’importe quelle externalité dans le système alimentaire et en réduire vraiment un certain nombre. Ainsi, puisque la distance parcourue est plus courte dans un système alimentaire local, il y a moins de carburant fossile est brûlé, moins de pollution générée, moins d'usure des routes et moins de problèmes avec les camions sur nos routes.

De même, parce que beaucoup d’étapes dans le système alimentaire sont effectuées localement, en contrepartie la perte d’emplois locaux est diminuée.


Actions pour créer un système alimentaire local

A titre individuel, les consommateurs peuvent faire beaucoup pour soutenir et renforcer collectivement un système alimentaire local :

  • Préférer un approvisionnement riche en produits provenant de producteurs locaux et transformés sur place (à la ferme ou artisanales). Le Programme National Nutrition Santé (PNNS) diffuse des tables diététiques pour aider le public à faire des menus diversifiés, équilibrés, avec des produits de saison.

  • Discuter avec les distributeurs sur l’intérêt d’acheter des produits locaux.

  • Demander aux restaurateurs d’où viennent les produits marqués sur les menus et afficher sa préférence pour des produits issus des fermes locales.

  • Faire ses achats sur les marchés fermiers et les points de vente collectifs (qui sont à même d’offrir du choix local, de saison et souvent bio).

  • Souscrire un abonnement auprès d’une AMAP ou parrainer quelqu’un d’autre

  • Cuisiner en préparant tout les ingrédients soi-même

  • Soutenir les actions qui favorisent les exploitations locales ainsi que les autres éléments du système local

 

A titre associatif,partenarial,municipal :

      - Participer aux projets alimentaires locaux : AMAP,Protection des terres agricoles fertiles face au développement immobilier,soutenir les magasins, les restaurants, les écoles et autres institutions qui ont une politique d'achat prioritaire de productions locales, etc...

      - Mettre ces questions à l'ordre du jour dans les séances des conseils municipaux

      - Inscrire son organisation aux travaux du comité de l'Agenda 21 local.

 

 

 

 

PROGRAMMES LOCAUX POUR UNE ALIMENTATION ET UNE AGRICULTURE CITOYENNES en AQUITAINE

Notre projet : Le soutien aux systèmes alimentaires locaux au travers des AMAP*1, partenariats entre consommateurs et agriculteurs dans la perspective de durabilité

Le Civam*2 Aquitaine participe au réseau Alliance depuis 2004 suite aux Rencontres Internationales d'Aubagne et à un voyage d'étude en région PACA en lien avec Alliance Provence .

Labélisé comme relais AMAP Alliance Aquitaine, le Civam Aquitaine communique et favorise l'essaimage des AMAP en Aquitaine. Le réseau Alliance est aussi garant du respect des principes et de la charte des AMAP.

 

Que fait le CIVAM Aquitaine aujourd'hui relais AMAP Alliance Aquitaine ?

La Fédération régionale des CIVAM est une association (loi 1901), organisme de développement agricole et rural. Elle est en lien avec d'autres CIVAM départementaux sur la Région ainsi que d'autres associations de producteurs et de consommateurs. Elle est également en relation avec une dizaine d'autres réseaux régionaux en France (notamment ceux d'Alliance).

Le réseau CIVAM, présents dans plusieurs régions de France, réalise de l'appui à la création d'activité, de la formation, développe et structure de la vente directe, des opérations de communication, favorise des échanges entre acteurs, ... dans les domaines de l'agriculture durable, des produits fermiers et de l'Agriculture Biologique.

Les valeurs et forces

  • Partenariats et collaborations avec la recherche, les collectivités territoriales, les institutions de l'éducation et les organisations agricoles.

  • Connaissances et esprit entreprenant des fermiers.

  • Systèmes alimentaires locaux et durables.

  • Qualité des attributs de la vie recherchée par les fermes.

  • Participation et implication des agriculteurs à la société civile.

  • Mise en valeur des petites structures agricoles pour les terroirs et l'approvisionnement local.

Localement le Civam est en charge de participer et de soutenir des projets concernant l'alimentation et l'agriculture, en relation avec des spécialistes, dans les domaines suivants : Systèmes agricole et alimentaire écologiquement sains, économiquement viable et socialement équitable, Établissement d'une identité régionale forte pour la promotion des produits, Développement de nouveaux marchés pour les producteurs fermiers et amélioration de la viabilité et la rentabilité des fermes, Organisation d'évènements autour de produits élaborés dans les différentes micro-régions par les vignerons, et autres petites exploitations agricoles de qualité.

 

Pour plus d'information

Contact

Frank MEYMERIT
Coordinateur, FRCIVAM AQUITAINE
14 avenue de Saragosse 64000 PAU

tél : 05 59 84 70 63 – courriel : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir


*1 AMAP : Association pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne

*2 CIVAM : Centre d'Initiatives pour Valoriser l'Agriculture et le Milieu rural

 

 

 

 

 

 

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Dernière mise à jour : ( 20-11-2009 )